Lumière nom d'un chien !

Lux & Nox sont sur un radeau


Le lol du jour
Feminism
[info]lux_eternitatis
Encore une fois un article qui démarre à cause de Divide me by Zero, preuve irréfutable qu'elle n'est rien d'autre qu'un agent infiltré du gouvernement chinois dont le but secret est de me faire raconter ma vie sur internet pour ensuite revendre ces données sur le marché du plutonium nord-coréen avant de me faire éclater la cervelle à grands renforts de fake écriture kikoololesque.
Alors que je folâtrais paisiblement au pays des bisounours en sucre d'orge parfumés à la guimauve, dans un monde où pedobear, la bombe à neutrons et Jean-Marie Bigard n'existent même pas dans les pires cauchemars de Freddy Krueger, j'eu la délicate attention de m'aventurer du côté du fleuve cuicui-les-tits-zozios-bleus-du-bonheur-twit-twit afin d'y regarder si par hasard j'y verrais pas passer des nouvelles de tout mes petits amis de la forêt enchantée du bonheur quand soudain...


Afin de préserver vôtre santé mentale aucun lien direct ne sera fait vers la page incriminée, il vous faudra donc être suffisamment motivé pour tout retaper à la papatte.
Warning, si vous êtes anglophone et que vous avez la régurgitation facile, ledit lien n'est pas pour vous et vous devriez retourner dans la forêt enchantée du bonheur.
 

Pure comme l'agneau qui vient de naître et innocente au point de ne pas savoir reconnaître le second degré quand il cogne à mon huisse, je cliquais en toute naïveté sur le lien qui devait me remettre moi pauvre pécheresse me vautrant dans le stupre et la luxure sur le droit chemin de l'abstinence. L'instant d'après j'avais disparu des écrans de contrôle de la forêt enchantée du bonheur magique, que j'avais d'ailleurs ravagé à grands renforts de bulldozer type Catterpillar D9 blindé afin d'aller au plus vite faire du rodéo sur une demie douzaine de bisons sauvages élevés aux hormones de Schwarzenegger en rut au cœur du Saint-Empire-Luxien-Pandémoniaque-bonjour-les-oxymores, afin de préparer une énième croisade contre son voisin Connerie-de-bénitier-land.

Où le poil de la Lux domestique se hérisse face aux stratégies prolife, françaises et américaines confondues. )

Où on démonte point par point un argumentaire vaseux. )
 


Où on conclut en cassant les images d'Epinal et en incitant à la liberté de penser et de baiser. )

Si on me reproche quoi que ce soit, je dirai que c'est la faute de Dividemeby0.
Words
[info]lux_eternitatis
Je me retrouve à avoir envie de parler de la vie des gens autour de moi.
Et comme c'est toujours la faute de Dividemeby0 (oui, tout ne vient pas du grec, tout vient d'elle et si ma sœur tombe enceinte je réclamerai à corps et à cris un test ADN pour prouver que c'est elle le père), j'ai envie de causer de malades, de morts et de sombres affaires d'héritage. Pour le reste des squelettes dans les placards, on verra un chtit peu plus tard.

C'est chiant la vie. On sait jamais trop quand ça va finir. On vous fait chier depuis dix plombes avec le "bien manger, bien bouger, pas fumer, pas se droguer" et tout le saint bordel de la vie saine, on vous déroule chaque jour une liste comme le bras des trucs cancérigènes au point qu'on voit de plus en plus de gens qui tombent malade au moindre microbe qui passe tellement ils ont peu l'habitude de sortir de leur bulle stérile, et il y a toujours des gens qui fument un paquet et demi de clopes par jour depuis leurs 14 berges et des alcooliques notoires au foi tellement imbibé qu'on en sortirait du whisky pur rien qu'en l'essorant et qui nous enterreront tous, les enfoirés (enfin, tous sauf moi qui servirai la science en lui filant mes organes et ma bénédiction pour qu'elle bosse sur les conditions de décomposition des cadavres sur moi).
Et de l'autre côté de la balance, ben y a le meilleur pote de mon père.
On va l'appeler Michel pour préserver son anonymat (dont je me fous, il est mort et je veux dire que du bien) et celui de sa famille (dont je me fous pas, ils sont vivants et même si je vais pas en dire du mal j'ai pas les thunes pour un procès à la con).
Michel donc. Quinquagénaire pas bedonnant (sinon il s'appellerait Gérald), chez qui on trouve plus de fruits que de pâté en croute, qui n'a jamais fumé de sa vie, vie qu'il a dédié à son boulot (médecin dans jesépu quelle spécialité impliquant entr'autres des oreilles et des enfants), à sa famille, au vélo et à la marche à pieds. Et croyez moi que niveau marche à pieds, les montagnes catalanes aux montées "débonnaires" d'après ses propres mots que nous avons vaillamment grimpé en 2004 pour lui faire plaisir, on les sent encore dans nos papattes (et dites vous qu'en 2004 j'avais 10 centimètres en moins et 12 kilos en plus). Bref, le mec bien dans toute la splendeur de sa vie saine, limite façon pub pour lessive mais en vrai.
Notre monsieur en bon sportif de moyen niveau qui bosse avec des mômes était donc tranquillement en pause à l'hôpital en train de jouer au foot avec lesdits gosses quand une tuile lui est tombée sur la tronche. Enfin façon de parler. Vous vous doutez bien qu'en plein milieu du terrain de foot il n'y a pas vraiment de tuile volante qui se balade pour tomber sur le premier venu, et les hirondelles qui étaient déjà en route avec le printemps aux fesses à ce moment là de l'année sont plutôt des spécialistes du transport de noix de cocos. Je disais donc : une tuile imagée lui est tombé sur la tronche en lui faisant faire une rupture d'anévrisme. Il ne s'est jamais relevé, non pas comme de mauvaises langues pourraient le persifler par fainéantise, mais tout simplement parce qu'il en est mort avant que qui que ce soit ait pu faire quoi que ce soit.

On prévient alors la famille en secouant la tête en disant "c'est affreux c'est affreux" et on laisse la veuve se charger de prévenir le reste du monde. Et dans le reste du monde, ben il y a les gosses du Michel. Et parmi les gosses, ben il y a sa dernière qui est encore au collège. Et oui, c'est pour ça aussi que c'est chiant la mort, ça attend rarement que les mômes soient indépendants. Et dans le reste du monde, il y a aussi mon père, mais surtout la première femme de Michel, et les deux filles qu'il a eu avec elle, preuve irréfutable qu'il a en fait été puni par DIEU himself pour avoir osé se remarier !
Les funérailles arrivent. Là c'est l'occasion de râler un gros coup parce qu'il n'y a foutrement PAS de lieu pour se retrouver et se recueillir en groupe autre que l'église pour les enterrements et qu'on est obligé de se taper les foutreries et bondieusetés du curé alors que Michel était un homme de peu de foi mais qu'il voulait être enterré. L'ancienne femme est là, moi-même je la repère à peine, trop occupée à éviter de me mettre à fondre en gros sanglots glaireux peu discrets au milieu du cimetière devant sa fille qui arrive à garder son calme, et aussi parce que les discussions entre proche font que je me retrouve dans un cercle où une femme parle de la leucémie à laquelle elle a survécu (pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, s'il y a un cancer dont il ne faut pas me parler, c'est celui-ci).

Le temps passe, la douleur ne trépasse pas et ma très chère môman l'assistante sociale qui déteste le social mais qui adore ses amis aide la veuve de Michel à organiser la résistance contre des administrations dignes du règne d'Ubu-Roi qui continuent à prélever de l'argent pendant 3 mois alors qu'on leur a signalé 5 fois le décès, et qui continuent à envoyer des courriers au nom du défunt qu'il est impossible d'aller récupérer à la poste (les courriers, pas le défunt, suivez bon sang !).
Arrive le moment de s'occuper d'affaires de pognon pognon, et vla t'y pas que le destin est vraiment un bâtard de fils de pute : nôtre Michel tout occupé qu'il était à ne pas penser qu'il allait mourir à 50 ans en jouant au foot avait complètement zappé de refaire son testament depuis... Surprise ! Son premier mariage. C'est très con ça, parce que ça voudrait quand même dire que c'est son ancienne femme avec qui il a divorcé depuis plus de vingt ans et leurs filles  majeures qui bossent qui récupèreraient les économies de Michel, laissant la veuve, la gamine au collège et son frère de jésépu combien mais au dessus des vingt berges se débrouiller seuls.

Aujourd'hui c'est une histoire en queue de poisson car la reine-mère a été peu bavarde à ce sujet avec moi et que plus le temps passe (vu que mine de rien trois années de flotte ont passé sous les ponts) et plus elle tend à raconter à ses invités d'autres histoires dans lesquelles elle joue le rôle du preux chevalier en tailleur, mais ce que je sais c'est qu'aussitôt après cette histoire elle a bien harcelé mon papounet pour vérifier que son testament à lui était bien modifié, tordue de douleur à l'idée qu'un seul centime revienne à l'ancienne femme de mon père.
Aurais-je oublié de signaler que mon père et son ami se fréquentaient énormément pendant leurs premiers mariages respectifs et que les deux premières épouses se connaissaient ?
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Je suis girly, je m'énerve toute seule
Fringues
[info]lux_eternitatis
Soyons clair. Je suis quelqu'un de très narcissique, et qui apprécie que ses connaissances soient valorisées. Je fais partie de ces personnes qui tentent de ne pas se la péter, mais qui sont tout de même très fières de ce qu'elles savent dans des domaines qui ne sont pas maîtrisées par le grand public. L'un de mes grands plaisirs étant d'apprendre à quelqu'un quelque chose de pointu, qui lui permettra de briller en société à son tour (SANS en foutre plein la tête de ses interlocuteurs), tout en pensant dans un coin de sa tête "Merci Lux". De l'autre côté, j'ai également une fâcheuse tendance à halluciner quand quelqu'un n'a jamais entendu parler de quelque chose qui me semble aller de soi (et croyez moi, le boyfriend en a fait les frais).
Je suis tout à fait consciente de ces deux faits, et j'essaie de les masquer autant que possible au grand jour, histoire d'éviter de me retrouver avec une réputation de chieuse aux chevilles démesurées. J'arrive même de plus en plus à me retenir de hurler "Quoi, tu ne savais pas ???" toutes les deux secondes, et à "pardonner" mentalement à mon interlocuteur.

Mais aujourd'hui, je crois bien que j'ai vécu une situation qui dépassait tout simplement mes capacités de pardon. Warning, article supposément écrit avec ma chatte puisque je n'y parle que de fringues et d'attitude commerciale.

Petite introduction décrivant les quelques échoppes de la petite ville où j'ai eu le (dé)plaisir de faire mes études. )

Où l'on règle ses comptes et ses ressentiments passés )

Où Lux finit par lâcher son câble dès qu'il s'agit de corseterie et de condescendance )

Et si les pommes étaient bleues ?
Blush
[info]lux_eternitatis
Jeudi en fin d'après midi, cours d'art chorégraphique à la fac. Un sms d'un numéro inconnu. "Tu es à Bordeaux ?"
"Qui es-tu ?"
"C'est P."
(ndlr, non ce n'est pas la "miss P." que je ne peux plus supporter)
Moment d'hésitation. Avec la manière dont je me suis débarrassée d'une fille qui me harcelait, je me méfie de tout ce qui est numéro inconnu sur mon portable. Et puis finalement je réponds. Le risque que ce soit la stalkeuse est trop minime pour que je rate une occasion de revoir ce petit bout de femme.
"Yep je suis à Bordeaux =)"
"Viens au Marché des Grands Hommes"


J'ai quand même bien balisé sur le chemin. Arrivée sur place, un petit bout de vie traverse en courant pour me sauter au cou et me serrer dans ses bras. Derrière elle, mon ancienne prof de sport, sourire aux lèvres, et cinq filles sur la terrasse d'un café. Depuis que je suis partie du lycée je pense souvent à cette femme avec qui j'ai suffisamment noué de liens pour avoir spontanément envie de la tutoyer, ce que je n'ose pas faire alors que je la prends dans mes bras elle aussi pour la saluer.

Je me souviens de ma séance de test qui m'avait donné envie de partir en courant, jusqu'à ce que je croise P. à la sortie qui râlait de ne pas avoir trouvé la salle et me disait déjà qu'elle comptait sur moi la semaine suivante alors qu'on se connaissait à peine. Je me souviens de cette année de terminale insupportable où j'essayais de me raccrocher à des morceaux d'amitié déjà en lambeaux tout en tombant encore, encore, encore.

Je m'assois à la terrasse avec les autres filles que je ne connais pas. La relève. Un sourire apaisé sur mes lèvres alors que je débite à un rythme effréné mon activité à la fac, l'atelier de danse dont je sors, mon projet sur La Douceur du Corset, donnant des informations sur la formation pour l'une, taquinant l'autre, rougissant comme une petite fille quand la prof se moque gentiment de moi en faisant remarquer que sept heures de danse dans la journée n'ont pas suffi à calmer mes mains. Je respire à pleins poumons, je n'arrive plus à me défaire de mon sourire.

 Je me souviens de la séance où on a finalement choisi mon thème pour la chorégraphie. Je me souviens de leur regard sceptique quand j'ai parlé de l'idée de danser avec des masques, et de parler sur scène.

Et elles alors ?
L'année pendant laquelle j'ai participé à l'atelier chorégraphique a donné l'impulsion nécessaire pour le faire renaître au sein du lycée. Alors que le principal nous avait refusé l'autorisation pour aller en régionale d'UNSS danse il y a deux ans, si elles sont à Bordeaux c'est parce qu'elles se sont engagées dans un projet énorme de spectatrices en parallèle de l'atelier chorégraphique, qui leur a permit de passer la journée de l'autre côté du rideau de l'opéra de Bordeaux.

Je me souviens de ces ateliers du mercredi qui précédaient mes rendez-vous chez la psy.
Je me rappelle de mon état d'esprit au début de l'atelier, alors que je ne pensais jamais sortir la tête de l'eau, et de son évolution au fur et à mesure que la danse m'emportait.
Je me souviens de mes tâtonnements au niveau du montage musical, mais aussi de leurs yeux grands ouverts quand elles l'ont entendu.

Je demande le thème de la chorégraphie de cette année. Grand rire chaud, P. me l'annonce "Le titre c'est "Si les pommes étaient bleues", je te laisse deviner qui l'a trouvé !". Bien sur que c'est elle avec son sourire jusqu'aux oreilles et ses grains de folie et de malice qui font que tout devient possible.

Je me souviens du festival, de l'angoisse qui prenait au ventre, du plaisir mais aussi de la peur. Je me souviens du co-fondateur qui était venu me voir avec la prof pour me féliciter personnellement. Je me souviens "Vous, vous allez aller très loin ou je ne m'y connais pas".

Je vais me poser sur les marches de l'Opéra pour partager leur casse-croute et les accompagner jusqu'au début du spectacle qu'elles vont voir. Je discute avec P. et l'une des miss, on échange sur la musique, le cinéma, je lui donne des titres de film. Je me propose encore une fois pour faire le montage musical. La prof m'interpelle "Ha ça si seulement tu avais été là l'an dernier ! Qu'est-ce qu'on a pu galérer !". Je prends des notes sur les sonorités recherchées, un son d'horloge, de la mécanique, je pense au bridge dans "Coin-Operated boy", à des boîtes à musique, à des extraits de Malice Mizer, je prends notes fébrilement. J'apporterai une clef USB à Pau la prochaine fois que j'y descendrai.

Je me souviens du jour où elles m'ont attendu dans les vestiaires avec un cadeau pour me remercier de mon mix de musique, de mon incompréhension au premier abord puisqu'il n'y avait pas le nom de la pièce. Je me souviens du moment où j'ai entendu "Antigone Vietnam" et où j'ai crié de joie en sautant au cou de P., comment j'ai remercié de tout cœur celle qui leur avait donné l'idée de cette pièce en particulier, et je me souviens surtout, surtout du soir où j'y suis allée, accompagnée de Sacha, pour la première fois.

Des feuilles circulent pour décider quelle sera la présentation de la choré qui sera proposée au jury qui doit trancher pour savoir si elles pourront ou non jouer au festival des lycéens. Et si les pommes étaient bleues, et si les pommes étaient bleues... Un imaginaire de tendresse, de douceur, mais aussi d'inquiétudes et de nostalgie.

Je me souviens de quand j'ai commencé à sortir avec Sacha, cet immense bonheur qui m'a submergé et m'a fait m'ouvrir d'un coup, et du sourire de la prof lors du cours suivant. "Il y a quelque chose qui a changé en toi". C'est la première qui l'a réellement vu, senti en moi par delà mon sourire niais. Je me souviens de la première fois où elle a rencontré Sacha et où elle lui a dit "C'est donc toi !" comme si elle avait attendu longtemps de le voir. Je me rappelle de son sourire quand elle est venue me voir après la représentation à Tam-Tam-Théâtre et de son regard quand elle parlait à mon père.

La prof me dit que ça lui fait très plaisir de me revoir, que je lui avais manqué pendant tout ce temps. Je lui rappelle que j'étais tout de même redescendue de Rennes pour elles. Elles et les nouvelles danseuses qui prenaient place dans le projet et remplaçaient d'autres filles qui n'avaient pas voulu revenir.

Je me souviens d'Octobre à Biarritz, le premier week-end pendant lequel je redescendais dans le sud. Je me souviens de ce festival où il était si improbable qu'on soit invitées. Je me souviens de mon plaisir à reprendre cette chorégraphie qui signifiait tant pour moi. Je me souviens de l'heure passée chez la prof en attendant que mes parents reviennent à Pau, comme de vieilles amies.

Je me souviens de V., entr'aperçue sur un quai de tram à Bordeaux, qui voulait devenir chorégraphe et dont le père s'y était fermement opposé. Je n'ose pas poser de question. J'avais pensé à elle lors du séminaire d'intégration lorsqu'on nous avait parlé de l'ouverture d'une licence de danse l'an prochain.

Je regarde une dernière fois la feuille de projet avant qu'elles ne rentrent dans l'opéra. Quinze danseuses et un danseur, et l'atelier n'est jamais fermé pour de nouvelles recrues. Un dernier sourire, une dernière embrassade et nous voilà parties. Encore une fois.

Je me souviens...
"Nous sommes un groupe de neuf élèves de classes de seconde, première et terminale, animées par le projet de participer au festival des lycéens.
Nous avons un vécu de danse très différent : Certaines d'entre nous la pratiquent dans une école, d'autres l'ont découverte au lycée ou encore dans des spectacles, une a même comme projet professionnel de devenir chorégraphe.
Mais ce que nous recherchons avant tout en réalisant ce projet, c'est communiquer la sensibilité poétique de la danse.
Nous avons obtenu, par le biais d'une professeur d'EPS, une salle et un créneau horaire du mercredi.
Nous nous sommes réunies pour décider du thème, et l'une d'entre nous a parlé de ses lectures, notamment de l'affirmation de Rimbaud dans sa lettre à Paul Demeny : Car Je est un Autre. Sa proposition a ouvert un débat, et plusieurs questions :
Est-ce que je suis un autre que celui que je crois être ? Est-ce que je peux devenir un autre ? Ce que je suis aujourd'hui n'est-il pas le seul résultat de ce que l'on attend de moi ? De normes sociales ? Est-ce que je ne suis pas une caricature de ce que je suis ? Comment me voit l'autre ? Est-ce que je peux rêver d'une vraie réalisation de "moi" ? Comment devenir ce que je suis ? Et comment exprimer ma singularité ? Comment imaginons-nous l'autre nous-même ?
Nous avons envie de danser seules et ensemble, car cette phrase a débouché sur des idées et des ressentis qui nous ont donné envie de la conserver comme titre. Car JE est un AUTRE. Car nous sommes toutes des autres. Mais nous sommes toutes nous-même.
"


Merci à vous toutes d'avoir rendu cet instant possible.

Brève de discussion
Blush
[info]lux_eternitatis
Lux :
http://fr.wikisource.org/wiki/Manuel_de_civilit%C3%A9_pour_les_petites_filles_%C3%A0_l%E2%80%99usage_des_maisons_d%E2%80%99%C3%A9ducation : j'aime (WARNING, NSFW !!)

Sekireigan :
déja lu

Lux :
rho
Mais ça se mange sans faim ces ptites gourmandises !
*Moi ? J'ai rien dit, je l'jure !*

Sekireigan :
...
change d'avatar (note, c'est celui que j'ai mis en icon pour cet article)

Lux :

bah pourquoi ? ^^'

Sekireigan :

celui-la a l'air gentil et tout mignon

Lux :

Mais JE suis gentille non ? toute mignonne, bon, ça se discute carrément vu ma tronche, mais j'suis toute gentille non ? =o

Sekireigan :

gentille, on peut dire que oui

Lux :

=D

Sekireigan :
ta tronche est tres bienmais tes propos sont TOUT SAUF MIGNONS !!!!!!!!!

Lux :

Ho, en parlant de friandise
Colette Renard est morte

Sekireigan :
...

25 questions
Lux
[info]lux_eternitatis
Meme volé à [info]ridexsimy  (comme d'hab quoi)

• Écrivez une note de 25 faits aux hasard, des habitudes ou les objectifs que vous avez..
Here we go )

Second Person
Miouzik
[info]lux_eternitatis
Depuis quelques jours je redécouvre le pur plaisir d'écouter ce groupe en boucle.
J'avoue qu'à l'origine, j'ignorais jusqu'à l'existence d'un genre musical appelé le trip-hop (pour les lancers de caillasse on fera ça plus tard, ok ?). Maintenant je ne peux plus détacher ce genre de ce groupe.
Quel que soit le thème de la chanson, dur, triste, amoureux, la voix de la chanteuse ne peut que transporter... Ailleurs. Ailleurs, quelque par où rien ne peut nous atteindre, bercé dans un cocon de musique.
Étant donné que je tiens particulièrement à indiquer les paroles des chansons postées et que je n'aime pas vraiment faire d'articles longs comme mon bras, je me limite ici à deux chansons aux tonalité assez différente :
La première raconte le temps après une rupture où on repart "pêcher", chercher à nouveau une ou plusieurs relations, où on réalise qu'il y a bien d'autres poissons dans la mer : Gone Fishing.
 
 
La seconde est une chanson d'amour sous forme de comptine enfantine reprenant les lettres de l'alphabet, tour à tour très "choupi krognon kawaï" et brutalement réaliste. Enfin, pour moi la brave habitante du pays des bisounours et des licornes arc-en-ciel c'est très brutal au milieu d'une chanson comptine de parler du masochisme et de la jalousie de la damoiselle : The Alphabet Song. (Note à celles et ceux qui connaissent Lee Hyori, si quelqu'un pouvait m'expliquer clairement si elle a fait une reprise de cette chanson ou si elle l'a simplement plagiée ? Thanks !)
Bref, Second Person, c'est bon, mangez en écoutez en. Je vous conseille tout particulièrement le mini album "The Elements", qui ne comporte que 5 pistes, qui sont autant de petits bijoux pour vos oreilles et sauront vous faire planer sans l'aide de la moindre autre substance.

Desktop meme
Sky
[info]lux_eternitatis
Tagged by [info]ridexsimy 

01. Anyone who looks at this entry has to post this meme and their current wallpaper at their LJ.
02. Explain in five sentences why you're using that wallpaper!
03. Don't change your wallpaper before doing this! The point is to see what you had on.

 

Alors déjà, c'est une photo qui a été prise par mon père l'an dernier, pendant mes toutes premières vacances avec le boyfriend, sur l'île de Groix. Je la trouve poignante car je pense qu'il a réussi à capturer exactement les sentiments de ce moment : de l'amour bien sur, mais aussi une certaine tristesse, de l'appréhension et de la détermination. Notre relation était naissante, j'allais bientôt partir à Rennes et je pense que tout deux étions particulièrement angoissés devant l'inconnu dans lequel nous avancions (si je voulais faire de l'analyse poussée je parlerais du symbole du soleil qui se couche à l'horizon mais se lèvera le lendemain). Enfin, non je n'ai pas honte d'avoir rename ma poubelle "A voté", c'est une boutade x)

La douceur du corset
Words
[info]lux_eternitatis
 

Il y a des bouquins comme ça dont on ne peut plus sortir la tête dès l'instant où on les a lu.
Des textes sur lesquels on a jeté un œil distrait, intéressée uniquement par la présence d'un mot qui nous intéresse.
Et finalement, impossible de s'en remettre. Le choc. Whoa. Le même genre de baffe dans la tronche que la première fois qu'on mate du Esther Gagné. Le choc.
Et on relit. On relit. On diffuse sur internet. Mais comme ça ne suffit pas, on montre à ses amis, à son conjoint, pour peu on le montrerait à son père et à sa mère, mais vu nos divergences de points de vue sur ce type de sujets... Bref, on évite.

C'est le genre d'effet que m'ont fait les premières pages de La douceur du corset.
Pour être tout à fait honnête, je n'ai pas découvert ce petit bijou en librairie, mais sur internet, par le biais du DeviantArt de M16, une dessinatrice amatrice que je suis discrètement mais avec pas mal de ferveur depuis quelques années (genre, depuis que je suis au collège quoi).

Et là, c'est le choc. Le "Omagad" impossible à retenir. Quand on est de nature jalouse comme moi, on se dit "Mais pourquoi c'est pas moi qui l'ait écrit bordeeelllllll ???!". Jalousie, mais aussi pure admiration pour un texte qui reflète mot pour mot, image par image mon ressenti quand j'ai porté pour la première fois mon corset. Je dis "mon" au singulier, car je n'en possède qu'un seul de vraie qualité, les autres n'étant que des accessoires en plastique que je ne met pratiquement plus.

Le souci ? Enfin, souci est un bien grand mot... Plutôt, le fait est que quand j'aime à ce point un texte, je ne peux plus le lâcher. Pour les rares personnes qui lisent en parallèle Les Extraits, vous avez probablement constaté vous même à quel point ce texte est graphique, sensuel, vivant... Et pour la première fois, j'ai réellement ressenti le besoin, l'envie et toute la motivation du monde pour mettre en scène et jouer ce texte.
Il faut se dire une chose, c'est que je suis quelqu'un de fondamentalement fermé à la visualisation. Malgré ma consommation gargantuesque de romans pendant des années, je n'ai jamais été capable d'avoir une image dans la tête à partir d'une description écrite, ce qui a fait de moi une amatrice d'adaptations romans -> cinéma convaincue pendant mes folles années, du fait de ma frustration de ne pas être capable de me représenter un monstre, un personnage, ou une configuration spatiale. Et pourtant...
Pourtant, en re-lisant pour l'Xème fois ce texte, pour la première fois avec l'idée éventuelle "tiens, ça pourrait être particulièrement intéressant si c'était mis en scène", le choc.
Oui, encore un choc.
Première fois de ma petite vie que j'arrive instantanément à visualiser l'exacte configuration du plateau que je verrais pour jouer ce texte. Dans la catégorie première fois, j'ai eu l'impression de revenir à mon premier orgasme. "WHAOW, alors c'est ça ?!"

De cours en cours, d'analyse dramaturgique en TD sur les lumières, je nourris mon projet. J'ai acheté le livre, dévoré les autres nouvelles, qui m'apportent à leur tour de nouveaux éléments pour comprendre le texte, qui s'avère n'être qu'une première partie, la seconde étant un parallèle avec une relation avec un certain type d'homme. Je me tate, j'hésite, mais je pense sincèrement me contenter d'adapter uniquement la partie vestimentaire, puisque ce n'est que du rapport à soi-même que je veux parler, et pas d'une relation de couple. J'ai envie de parler du vêtement, de son effet, de l'utilité du subversif. Je sais déjà que le texte sera complété d'une réflexion personnelle, racontée également sur scène (peut-on parler de méta-pièce de théâtre ?). Je trépigne, je griffonne mon plan de plateau, j'envisage des entrées, des sorties, peut-être un chœur d'assistantes au lieu d'une seule ?
C'est là que ça se complique. Encore une fois, je suis mise en face de mon incapacité à gérer des personnes, et à plus forte raison à faire les démarches pour les recruter et trouver un lieu de répétition. Blocage. Argh, putain, pourquoi faut-il toujours être un être civilisé ?

Je grogne, grommelle, me paralyse de trouille, mais je reprends mon bouquin et mon crayon. Ne mettons pas la charue avant les bœufs, voulez vous ? Je dois maitriser ce texte, écrire l'intégralité du para-texte, mettre entièrement à plat ma mise en scène, demander conseil à mes maîtres incontestés (alias, les profs de théâtre à qui je dois TOUT), remettre à plat, demander des avis complémentaires, en prendre compte, puis me rendre compte que non...

Je veux mettre en scène ce texte.
Je veux le jouer.
Et j'y arriverai.
Quitte à devoir attendre quatre années avant d'être en M2.

Je n'ai rien dit.
Rage
[info]lux_eternitatis
Als die Nazis die Kommunisten holten,
Quand les Nazis sont venu chercher les communistes,
Habe ich geschwiegen ;
Je n'ai rien dit ;
Ich war ja kein Kommunist.
Je n'étais pas communiste.

Als sie die Sozialdemokraten einsperrten,
Quand ils sont venu chercher les socio-démocrates,
Habe ich geschwiegen ;
Je n'ai rien dit ;
Ich war ja kein Sozialdemokrat.
Je n'étais pas social-démocrate.

Als sie die Gewerkschafter holten,
Quand ils sont venu chercher les syndicalistes,
Habe ich geschwiegen,
Je n'ai rien dit,
Ich war ja kein Gewerkschafter.
Je n'étais pas syndicaliste.

Als sie die Juden holten,
Quand ils sont venu chercher les juifs,
Habe ich nicht protestiert ;
Je n'ai pas protesté ;
Ich war ja kein Jude.
Je n'étais pas juif.

Als sie mich holten, gab es keinen mehr
Et quand ils sont venu me chercher moi, il n'y avait plus personne
Der protestieren konnte.
Pour protester.

Martin Niemöller.


Aujourd'hui, le déterrage d'un fichier officieux et illégal utilisé librement par la gendarmerie et le parquet vient de mettre en évidence le fichage de familles non-sédentarisées en raison de leur minorité ethnique, et il y a encore des gens sur internet pour hurler contre le "politiquement correct" et vantent les mérites des fichiers classant les gens d'après leurs origines, leur nationalité, leur sexualité ou leurs opinions.

Marianne, revient, ils sont devenu fous.

Je n'ai pas l'habitude de parler de politique sur internet. Si je commet ce point Godwin aujourd'hui, c'est car il me semble nécessaire de mettre par écrit mon ressentiment contre un gouvernement français qui réussit de jour en jour à me dégouter petit à petit de ma nationalité. A me dégouter d'être, en dehors des frontières européennes, systématiquement classifiée dans les enfoirés racistes de français, de la même manière que la majorité des personnes que je connais en France est incapable d'imaginer un Américain autrement qu'obèse, abruti de télévision, conservateur à l'extrême et con comme un balais ne serait-ce qu'en géographie.
Je suis française, je suis fière d'être française, car malgré toutes les vicissitudes de l'histoire on ne devrait jamais avoir honte de son pays. Mais la France que ce gouvernement, à la suite de tout les autres, est en train de nous mijoter, jamais je ne pourrai en être fière. Jamais je ne pourrai être fière de la grande chasse à l'immigré, au sdf, au sans-papier, au trans, au muslim (oui, je préfère la musicalité du mot anglais plutôt que celle du français "musulman") ou au basané de nationalité française.

Mesdames et messieurs, il y a trois ans vous avez voté. Dans deux ans vous aller de nouveau le faire. Libre à vous d'enfoncer notre pays, où sont pourtant né de beaux textes sur la liberté et l'égalité, dans un obscurantisme tout aussi dangereux que celui des "barbus" que vous imaginez et pointez du doigt derrière chaque femme voilée.
Pour ma part, je sais que mes économies me seront suffisantes pour un billet de train, ou même d'avion, s'il est nécessaire encore une fois de traverser l'atlantique pour échapper à la montée des idéologies que j'ai étudié au lycée.
"Plus jamais ça" qu'ils disaient en 18. On sait tous ce que ça a donné. Et quand les parallèles deviennent impossible à nier tant ils sont flagrants, j'envoie Godwin se faire enculer. A sec. Avec du gravier. Et du citron. Et des carottes bio. N'importe quoi si ça peut éviter que ce qui est en train de nous arriver sous le nez ne passe que pour une vulgaire statistique de potaches.

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